Dessins en caractères

30 janvier 2012

à Lorient, le 19/12/11

Tu ne pourras pas exiger cela de moi. Mais je pourrais faire ceci.

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26 janvier 2012

à Lorient, le 09/11/11

Il y a une histoire entre lui et ces personnes.

 

                                                        ***

 

Je n'ai pas autorité sur toutes les idées de pouvoir qui me sont envoyées.

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à Lorient, le 08/11/11

Ce n'est pas du vent, c'est quelque drap accroché par mes soins au poteau et animé par le vent, flottant dans l'air mais retenu par ce poteau.

 

                                                         ***

 

Nous voilà avec de nouvelles consignes. Celles-ci n'étaient pas données d'emblée. il fallait les découvrir, creuser un peu.

 

                                                          ***

 

Ma méthode a un peu changé. Je passe plus de temps sur le texte original. Je le lis trois fois. Je n'attends pas de cette triple lecture la compréhension totale du texte, mais elle rassemble des souvenirs, des mémoires de mots, de personnes, de spectacles. 

 

                                                           ***

 

On me dit de poursuivre les veilles. Donc je continue. 

 

                                                             ***

 

Je te saluerai décemment, pour peu qu'on me laisse mes livres, mes papiers.

 

                                                             

 

 

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23 janvier 2012

à Lorient, le 6/11/11

"Voilà la...

- Je sais.

- ... et?

- Je sais.

- Et tu ne fais rien?

- C'est épineux.

- Exact. Il est...

- Je sais. (Un moment) Je n'étais pas venu pour te parler de cela.

- Non. Je m'en doute.

- Mais nous y reviendrons plus tard, veux-tu?

- Plus tard. Plus tard.

- Ce dont je voulais te parler avant qu'il ne soit trop tard, c'est que...

- (le coupant) A mon tour de te dire: je sais.

- (confus) Ah eh bien, si tu sais cela, eh bien nous ne nous combattrons pas. 

- Non. Attendons-nous à autre chose.

- "Autre chose", c'est le mot."

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20 janvier 2012

à Lorient, le 2/11/11

Je te remercie de lire ces pages que j'ai écrites. Ces lignes ne sont plus guère parcourues. On leur préfère les paragraphes au début de l'ouvrage.

 

                                                             ***

 

Les années passèrent. Le village n'était pas impossible.

 

                                                              ***

 

"Tu pensais trouver la maison vide. Tu ne t'attendais pas à me trouver bien à cette heure. "Quelque part en ville à chercher la rencontre de sa vie." pensais-tu. Eh bien non. Je suis là. Tu pensais que l'après-midi allait se passer à ne rien faire de précis; en tout cas, pas à faire ce courrier sans lequel A et B ne peuvent pas décider de leurs faits et gestes. Tu n'as pas ton sac avec tes affaires: stylos, carnet d'adresses, machines à calculer? Ce n'est pas grave: on fera sans! J'ai une feuille et un crayon à papier. 

- Que veux-tu que je fasse? demanda C. d'un ton fatigué.

- Tu as deux minutes pour réaliser un portrait de ton agresseur avec ce crayon à papier, lui répondit-elle en lui tendant une feuille vierge."

De toute évidence, notre homme n'était pas disposer à obtempérer.

- Contre mauvaise fortune, bon coeur, lui asséna son interlocutrice.

Il prit la feuille et dégagea le bord de la table pour pouvoir dessiner. En repoussant les affaires, il renversa une tasse vide qui sonna contre la cruche. Devant son air alerté, elle lui confirma que personne n'était à côté, qu'il n'avait rien à craindre. Il s'assit... Et dessina, du mieux qu'il put, un visage qu'il était sûr de n'avoir jamais croisé. De quoi se mêlait cette bécasse? Non. Il allait lui montrer un visage qui créerait la confusion dans ses recherches: une fausse piste. Il ne voulait plus qu'elle cherche un être parce que cet être l'aurait dispensé de sa véritable tâche qui était de peindre. Le faux visage fut rapidement esquissé mais de manière suffisamment réaliste pour qu'elle crût reconnaître quelqu'un: "D! C'est D! Le propriétaire du T2 en bas de la rue E." C confirma en hochant la tête qu'il s'agissait effectivement de son agresseur. Sans doute avait-il des scrupules à diriger les recherches vers cette personne probablement innocente, mais devant la pression extraordinaire de cette femme hors du commun était-il possible de faire autrement? Non, non. Ce à quoi C n'avait pas pensé, c'est que cette femme allait découvrir la supercherie et qu'elle reviendrait lui en demander des comptes. Il devait lui dire la vérité.

    "Qu'y a-t-il C? demanda F.

- Ce portrait ne représente personne de ma connaissance. Je l'ai tracé en voulant te faire une blague. Pour que tu cherches à côté.

- Pourquoi?

- Parce que je veux que tu restes à la maison! (Il n'osait pas encore lui dire qu'il voulait qu'elle peigne. Dans sa tête, "bécasse" empêchait tout débordement affectif. Il avait été loin dans l'offense et son orgueil le retenait de revenir sur le terme bizarre de sa pensée. Mais le bec et les ailes commençaient de lui pousser sur le dos et la face, aussi regrettait-il d'avoir lancé ce nom d'oiseau. Il avait par contre été extrêmement gauche de proposer "la maison" à cette femme. La porte avait déjà claqué, qu'il tentait de se justifier pour la faire revenir. 

    Trop tard!

 

En décachetant l'enveloppe, C reconnut l'écriture de F. Il déchiffra tant bien que mal cette suite illisible de mots dont elle avait le secret: "On ne regrette pas les noms d'oiseaux qu'on lance aux femmes dans la chaleur d'une explication à soi-même. On approfondit. On souligne en s'exclamant à haute voix ou on annonce par un clin d'oeil que ce n'est qu'un début! Alors que suis-je après cela? Autruche? Pintade? Gelinotte? Bartavelle? Tourterelle? Mouette? C'est cela, une mouette! Ou un autre volatile? Une grande perruche à longs brins?"

  Il n'en lut pas plus. Elle ne pouvait pas peindre dans l'état où elle se trouvait. Il fallait la faire revenir à la maison, sans lui en parler. 

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12 janvier 2012

à Lorient, le 1er/11/11

Dupont -Oups!

Dupond -Je préfère ne pas suivre!

(Après quelques secondes d'apnée, notre plongeur refit surface).

Dupont - (à Dupond) Et il n'aurait pas refait surface? (Incrédule) Non.

Dupond - (se confortant dans la même idée) Non. Impossible.

Dupont et Dupond - (ensemble en se tournant vers le plongeur) Tu es comme la bouée... IN-SUB-MER-SIBLE!

 

                                                        ***

 

Cet homme souhaite avoir une conversation avec ces deux femmes, eu égard à leur immense courtoisie. Il n'est pas blessé au point de ne pouvoir répondre à leur courtoisie par de semblables courtoisies à son tour. Si l'entretien si vivement désiré doit se faire, il se fera. Sinon, le lieu restera miroir pour d'autres visages, d'autres paroles, d'autres regards.

 

                                                          ***

 

Merci la rime. Merci le mètre.

 

                                                           ***

 

Réveille-le doucement. Il va rire quand il saura ce qui lui est arrivé. Dis-lui qu'on l'attend pour la soupe.

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09 janvier 2012

à Lorient, le 1er/11/11

"Ne posez pas un acte parce que vous venez de vous éveiller à la conscience de votre retard. Le rattrapage viendra en temps et heure voulus, sans précipitation."

 

                                                            ***

 

   "Puisque A. s'est trompé sur mon identité en m'appelant D., pensa le personnage, je me présenterai à lui sous un autre nom, ni B. ni D., mais: C."

     Ainsi fit-il.

     Et l'on vit, monsieur A., parler de B., en le nommant C. Il advint que B. oublia son propre nom.

    Il vécut sous le nom de C. et le nom de B. pour lui devint même, au bout de quelques années, mystérieux. De quoi lui parlait-on? B.? Qui était cet homme? J'aurai été lié à lui par le passé? Peu probable. Les papiers d'identité? Les papiers de B. portaient aujourd'hui le nom de C. noir sur blanc, à la ligne "nom de famille".

    Quelques années plus tard, la conversation roula sur D. au repas de fin de projet. A. ne voyait pas de qui il s'agissait. 

    Alors pourquoi son nom était-il venu sur les lèvres de A. au début de notre histoire? C'était un mystère que ni B. ni C. n'étaient parvenu à percer.

    D. n'était pas amoureux (c'était la teneur de la conversation). Mais c'était une autre histoire. Non. Ce qui me tracassait, ce soir-là, c'est que le nom de D. était venu sur les lèvres de A. alors qu'il ne le connaissait pas. C'est cela qui me tracassait. C'est cela qui... oui! me tracassait.  

 

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07 janvier 2012

à Lorient, le 31/10/11

Jean prit les clés sur la table et se dirigea vers la porte. Il ouvrit et traversa le jardin. Il faisait nuit. Il gagna la voiture, ouvrit, s'assit au volant et démarra. les phares de la voiture éclairèrent la route où un chat passa sans s'arrêter, cette fois. La voiture fut bientôt arrivée en haut de la rue, et Jean tourna vers le centre-ville. Ce que Sébastien lui avait dit ce soir-là le rendait perplexe sur la suite des événements. cela se répercuta sur sa vigilance et il dut par un mouvement de volant à droite, rectifier sa trajectoire. Le mieux était de ne plus y penser. demain, Sébastien ne ferait que le jardin; il lui laisserait prendre la parole et leur désaccord de ce soir serait enterré. En ville, la circulation était fluide: il ne mit pas de temps à rejoindre le bâtiment où habitait Carlo.

      Il ne se trouvait pas chez lui. Jean commençait à penser que la chance lui faisait défaut aujourd'hui, lorsqu'il tomba sur Rolf. Ce dernier ne souhaitait pas, lui, rencontrer Carlo. Il lui devait des explications sur la portière de voiture, et, comme Jean le savait, il était en tort. Peut-être savait-il où Carlo se trouvait en ce moment. Mais non. Tout ce qu'il avait comme information c'est que Carlo avait téléphoné d'une cabine de la rue Berthelot il y a trois quarts d'heure. Il était en colère contre son locataire à propos du store cassé. Depuis, pas de nouvelles. Rolf n'en savait pas davantage. Il préférait s'éclipser avant de tomber sur lui. Jean le laissa partir et retrouva son véhicule où il attendit Carlo quelques minutes en écoutant la radio. Après tout, Carlo avait aussi ses problèmes et cela rendit Jean philosophe sur ses déboires avec Sébastien. Au bout de vingt minutes, comme personne n'était sorti de l'immeuble, ni ne s'était présenté à la porte, il redémarra la Bentley et, après avoir coupé la musique qui devenait vraiment stridente, il s'éloigna du quartier pour se diriger vers la banlieue est.

       Il lui restait là-bas un dernier contact: Paulo.    

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06 janvier 2012

à Lorient, le 28/10/11 (suite)

On me parlait de quelqu'un,

Et soudain de ...

... Dahlias! Si! Je te dis!

Je te le dis, et depuis ...!

Depuis samedi.

Non, jeudi!

Dahlias que je n'ai jamais vus!

Dahlias apparus par hasard...

Dans le livre, ici.

 

                                                             ***

 

"Ah, il n'est pas là?

Et tu voudrais faire un geste?

- Je fais une cérémonie au jardin.

- Alors, tu as fait un geste,

Tu as fait quelque chose."

 

                                                             ***

 

"Attends voir, mon oiseau,

Que je parle mon content

Mon oiseau, mon oiseau,

Si j'étouffe aujourd'hui,

Les mots viendront demain.

Mon oiseau, mon oiseau.

 

                                                             ***

 

Sans bruit, dans mon bain;

Au ras de l'eau, je suis bien.

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05 janvier 2012

à Lorient, le 28/10/11

Je travaille main dans la main avec le maître des crayons de couleurs. Comment te portes-tu, maître? Nous voici comme chaque soir grattant la feuille de papier, moi de mon stylo, toi de tes crayons. Je vois le monde sûrement grâce à toi. Ce qui me vient sous le stylo te hante aussi sans doute. mais nous nous croiserons sans doute, nous, ou nos oeuvres, dans les péripéties de notre vie sur terre. Crois-tu, maître des crayons de couleurs, que nous aurons dans l'au-delà un tel silence, un tel recueillement, une telle harmonie? Prenons pour le moment de ces heures précieuses qui nous familiarisent avec des bonheurs. Il n'est pas à côté de moi encore celui qui m'en séparera. Mon stylo rompt le silence, bien peu; ne romps pas, toi, le charme de tes crayonnages de formes, de paysages, de routes.    

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